Ce n’est pas parce que l’on est un historien que l’on ne fait pas de veille et que l’on ignore ce qu’est un flux RSS

Veille. J’ai entendu ce mot pour la première fois quand j’ai (brièvement) travaillé dans une entreprise de conception de sites internet à la fin des années 1990 – fin des années 1990, c’est plus rassurant que fin du XXe siècle. J’ai alors été chargé de faire plusieurs petites veilles, sur des technologies émergentes (le PHP 3…), sur le référencement dans les moteurs de recherche par exemple.

Ce terme de « veille », je ne l’avais jamais rencontré auparavant, pendant mes études de sciences politiques puis d’histoire. Pourtant, j’en faisais de fait déjà, achetant un grand nombre de titres de presse le mercredi pour noter ce qui m’intéressait dans l’actualité politique, économique, scientifique. Pourtant, c’est ce que fait tout historien quand il parcourt les revues qui l’intéressent le plus pour repérer les articles utiles pour ses recherches, pour ses enseignements ou pour satisfaire sa curiosité intellectuelle.

Avec le web, les pratiques de « veille », c’est-à-dire s’informer de manière systématique sur un domaine précis, se sont multipliées, démocratisées, d’une certaine manière. De nombreuses technologies, sites web spécifiques permettent de la systématiser. Ces techniques nouvelles sont particulièrement utiles à l’historien – et au chercheur de manière générale. Je me permets ici de décrire la manière dont j’ai organisé ma propre veille.

Tout commence avec des flux RSS et Twitter

Le coeur de ma pratique de veille repose d’une part sur les sites web qui m’intéressent le plus et qui disposent d’un flux RSS et d’autre part sur Twitter.

RSS, késako?

On désigne par « flux RSS » un fichier dont le contenu est produit automatiquement (sauf cas exceptionnels) en fonction des mises à jour d’un site Web. Les flux RSS sont souvent utilisés par les sites d’actualité ou les blogs pour présenter les titres des dernières informations consultables en ligne. [1]

En clair, un flux RSS vous permet d’être informé des mises à jours d’un site sans avoir à se rendre sur ce site web. On peut les collecter dans un agrégateur RSS. J’en utilise un en ligne, installé sur mon propre serveur (mais vous n’êtes pas obligés d’arriver à ces extrémités-là: utiliser Google Reader – netvibes peut aussi servir à ça). Pour mon flux de veille, il est nécessaire que mon agrégateur soit en ligne.

En effet, lorsque je parcours les liens, avec résumés, qui sont agrégés ainsi, j’en marque comme favoris (en règle générale pour les lire plus tard ou parce qu’ils contiennent une idée spécifique sur laquelle je veux revenir à tête reposée), j’en envoie vers zotero [2] – des billets de blog, pages web, articles scientifiques qui pourront me servir pour mes publications – et j’en marque certains pour qu’ils soient inscrits dans un flux RSS généré par mon lecteur de flux RSS. Les liens intégrant ce flux RSS sont ensuite, grâce au service en ligne ifttt.com, postés sur Twitter en mon nom, et précédés de [Veille] – ainsi, puis-je partager mes trouvailles.

Mais pourquoi Twitter?

Twitter est ma seconde source pour ma veille et c’est aussi mon premier canal de publication des résultats de cette veille. Seconde source? J’utilise un service – Twitter Times, mais il en existe d’autres du même type. Twitter Times scrute ce qui se passe sur votre Tweet List (ie ce que vos relations sur Twitter partagent avec vous), en extrait les liens et en fait un journal en ligne. Je me contrefiche du journal en question: ce qui est intéressant, c’est qu’avec ce journal, il crée un flux RSS. Ce dernier est inclut dans mon agrégateur et intègre donc le flux de veille décrit au paragraphe précédent [3].

Bien cibler les sujets qui font l’objet de la veille

Avec la méthode de veille décrite plus haut, on peut très rapidement crouler sous les informations. À l’heure actuelle, je trie environ 700 liens par semaine. C’est beaucoup, et je ne pourrai pas en faire plus – bien entendu, je ne lis pas tout…

Pour éviter que ce type de système ne vous fasse crouler sous l’information – ce qui le rendrait totalement inefficace -, il faut bien choisir les sites que l’on suit via les flux RSS et les comptes Twitter que l’on lira. Pour ce faire, il faut cibler les thèmes qui font l’objet de la veille. Pour ma part, c’est pour l’essentiel les Humanités numériques et l’Union économique et monétaire – ce qui est déjà beaucoup.


  1. Wikipedia contributors. « RSS ». Wikipédia 3 juin 2012. Wikipedia. Web. 6 juin 2012. []
  2. zotero.org lui-même génère des flux RSS contenant les mises à jour de votre bibliothèque – les flux RSS sont un formidable outil d’échange sur le web. []
  3. Ne croyez toutefois pas que Twitter ne me sert qu’à extraire un flux RSS: c’est aussi et surtout un magnifique outil pour converser []
  1. Voilà une séance du cours est déjà préparé :). Sinon faut revoir la fonction « Commentaire ». Les cases ne s’affichaient pas dans mon browser (Chromium).

  2. inactinique

    Quelles cases? Je n’ai pas vu de problème. Tu peux m’envoyer une copie d’écran?

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